Les cendres et le plumeau

Entrée de juillet 2007

Vacances

29 juillet 2007 · Laisser un commentaire

Diantre, près d’une dizaine de jours déjà passée, et sans mise à jour.

J’avoue avoir eu, surtout la semaine écoulée, la lecture vagabonde, passant de Albertine disparue, à un essai, trouvé chez un bouquiniste à Montréal, de Régis Debray, sur le théâtre, donc je brûle de parler avec mes amis théâtreux.

Et ce week-end, une vieille chose exhumée, grâce à Ebay, des années soixante, Le 36ème dessous de Pierre Daninos, que j’avais lu dans ma folle jeunesse, et dont je cherchais un exemplaire, celui que j’avais ayant disparu — mystère ou acte réussi –, depuis que j’ai commencé à m’intéresser aux maladies du cerveau, et plus spécialement à la dépression (voir le commentaire sur La fatigue d’être soi d’Alain Erehnberg).

Et comme je pars demain pour le festival de Stratford (Ontario), j’ai dû faire quelques devoirs, dont la lecture d’Othello — et surtout des commentaires.

J’ai bon espoir de vous revenir un peu plus tard cette semaine, cher(s) lecteur(s) — je ne suis pas certain que le pluriel soit, hélas, indispensable, sinon à la prochaine !

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Le nouveau veillit vite

23 juillet 2007 · Laisser un commentaire

Trente ans après, que reste-t-il des « nouveaux philosophes » ? J’ai encore dans ma bibliothèque la plupart des livres d’alors de Bruckner, Glucskmann et Fienkelkraut. En revanche, il y a longtemps que BHL ne figure plus sur mes étagères.

Le Monde.fr : Rétrocontroverse : 1977, les “nouveaux philosophes”

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Citations

19 juillet 2007 · Laisser un commentaire

Offrez-vous une pause-citation. Un florilège d’Alexandre VIALATTE.

Alexandre Vialatte – Ses citations – EVENE

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Varennes La mort de la royauté

19 juillet 2007 · Laisser un commentaire

Je suis tombé très jeune dans l’histoire de France, un épisode tumultueux comme la Révolution ne pouvait manquer de fasciner l’adolescent curieux que j’étais, même si, à la réflexion, les livres auxquels j’avais accès, à la bibliothèque du collège Brébeuf, devaient avoir une certaine couleur politique que je n’étais pas en mesure de saisir : pauvre Louis XVI, pauvre France. On a fait, depuis, du chemin.

C’est donc avec beaucoup de joie que j’ai appris le lancement, par la maison Gallimard, de la collection Les journées qui ont fait la France, qui prend dont la relève des Trente journées qui ont fait la France, dont j’avais déjà apprécié plusieurs titres.

En soi, le départ du roi, entouré de sa famille, ne constitue pas ce qu’il convient d’appeler un évènement. Il l’est devenu, et c’est ce que démontre avec beaucoup de verve Mona Ozouf. Un fait qui sera utilisé à gauche comme à droite, les arguments des uns étant souvent repris par les autres tantôt en faveur du roi, tantôt contre lui. Rien de plus fascinant que cette fabrication de l’histoire par « l’idéologisation », si j’ose ce néologisme, de la série de cafouillages que constitue l’équipée du souverain. Laquelle se retournera finalement contre lui pour aboutir à sa destitution, alors que nul, au départ, ne songeait à renverser la monarchie, puis à son procès, alors que le roi jouissait, en principe, d’une pleine immunité.

La politique, l’histoire : trame tragique.

Ce livre est donc bien plus que la relation d’un banal fait divers et ne prend la relève, s’agissant de Louis, ni de ceux qui voulaient l’excuser en en faisant une victime, ni de ceux qui voulaient l’accabler, en en faisant la source de tous les maux de la nation.

Il dresse aussi un portrait tout en nuance et en finesse de cet homme, au bout du compte, si méconnu.

Mona OZOUF, Varennes La mort de la royauté — 21 juin 1791, Gallimard, Paris, 2005 (434 pages).

Livre: VARENNES LA MORT DE LA ROYAUTE, Mona Ozouf,

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Entre chien et loup

16 juillet 2007 · Laisser un commentaire

Absolument rétif à la renommée, ce n’est pas lui que vous verrez le plus souvent sur les plateaux ni sur les divers Top de France et de Navarre, encore moins sur les étals de ces grandes halles marchandes qui tiennent plus du souk que de la librairie (je parle pour la Nouvelle France), André Blanchard a néanmoins fait son apparition, toute discrète encore, dans Wikipedia :

France Culture
André Blanchard (écrivain) – Wikipédia

On peut échapper à la gloire, pas à l’Internet.

Le dilettante, éditeur qui nous choye, réédite ce premier recueil de carnets paru en 1989 couvrant les mois d’avril à septembre 1987. Étions-nous seulement nés, que ce soit à la littérature, ou plus généralement à la vie ?

Il ne donne pas dans le roman, ni même dans les mémoires, mais dans les carnets. Parfois même cela regarde du côté de La Rochefoulcaud, frôlant la maxime, et on aimerait le citer abondamment, mais on vous invitera plutôt à vous faire votre avis, l’été étant propice aux lectures lentes et paisibles, et non seulement aux objets à grand tirage, qui partent si vite en fumée d’oubli. Voici néanmoins un amuse-bouche :

L’argent commande à la vie. C’est la règle, ratifiée par le plus grand nombre : gagner plus pour vivre mieux. Moi, un brin prétentieux, j’ai tenté de renverser le rapport : d’abord vivre, donc s’accomoder de vivre avec peu d’argent. Il m’en cuit encore.

Cela vogue ainsi dans les mêmes eaux silencieuses des grands auteurs taiseux Gracq, Leiris, Blanchot et de quelques autres discrets. Il a des humeurs, lesquelles sont généralement sombres, mais cela n’en fait pas un bilieux pour autant, disons qu’il donne dans la spleenuosité, comme d’autres dans la superficialité. Il lit beaucoup, aime peu, mais avec discernement, commente mais ne résume pas les auteurs, et nous confie sa pratique :

Il y a un côté météo dans mes achats de livres. Ils n’ont lieu que des jours de pluie ou de brume ou de neige, tous ces horizons sécrétant un je-ne-sais-quoi qui incline mon esprit vers la méditation et enrichit une sorte de climat spirituel. C’est un peu comme si acheter des livres équivalait en moi à un soleil qui ne saurait tolérer la présence de l’autre.Chaque achat de livres, c’est un bail de quelques jours que je signe avec l’amour de la vie.

À l’évidence il ne s’est jamais procuré de livres de Mlle Bombardier*, mais je crois que vous saisissez son point de vue. Entre les lignes, on trouve tout un art d’écrire, et quel style, qu’on aimerait plus généralisé, mais que, in petto, on est égoïstement content de voir si rare, ce qui nous le rend si précieux.

Il est aussi question, un peu, quand même, du temps qu’il fait, et qui passe. Et aussi de son chat. Quelqu’un qui écrit aussi bien sur les chats ne peut être que bon, aussi, que vous soyez allergiques ou non à ces petites bêtes, n’hésitez pas.

André BLANCHARD, Entre chien et loup, Le dilettante, Paris, 2007 (128 pages) édition augmentée, première édition parue en 1989.

* Mlle Denise Bombardier est une dame de Très Grande Vertu qui billettise dans un Très Important Quotidien de Montréal et commet, pour le plus grand bonheur d’un public choisi, des livres qui constituent d’excellents manuels d’anti-français.

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Catégories : Blanchard · carnets

Citation

16 juillet 2007 · Laisser un commentaire

 

chat-egyptien.jpg

Je suis un peu, été oblige, en panne non de lecture, mais de choix. Je suis donc retourné à mon livre par défaut, ou plutôt, mon oeuvre : À la recherche du temps perdu. Et j’ai repris Albertine disparue. En parcourant les notes (de l’édition Tadié de la Pléiade), je suis tombé sur la citation suivante, de Mallarmé, que je m’empresse de partager avec vous, car elle me semble, comme l’écrirait notre cher petit Marcel, capitalissime :

Le monde est fait pour aboutir à un beau livre.

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Entre chien et loup

12 juillet 2007 · Laisser un commentaire

blanchard2.jpgAndré BLANCHARD, Entre chien et loup, Le dilettante, Paris, 2007 (128 pages) édition augmentée, première édition parue en 1989.

Ayant perdu le temps que vous savez à lire ce que vous savez, ce qui m’a toutefois donné l’occasion d’un salvateur coup de tabac, je n’ai pas eu l’occasion de vous parler plus tôt de merveilleux livres d’un auteur que j’ai pris grand plaisir à découvrir en mai et juin.

Pour l’heure je vous laisse sur l’incipit, comme d’habitude, et vous reviens un peu plus tard :

Tout le monde ne peut pas s’appeler Marcel

On ne voit pas le temps passer, disent les gros bras de l’agitation; s’il en allait ainsi de l’écrivain, les muses le révoqueraient pour intelligence avec l’ennemi.
Et pourtant, c’était hier, il me semble, que j’expédiais cette première tournée de Carnets à un éditeur qui se montait en ménage, sans dot, qui hasardait petits tirages et petits volumes pour se faire les reins, et dont le nom fût allé au mioche comme réponse lorsqu’on l’enquiquinait avec ce qu’il voulait faire quand il serait grand :

- Dilettante, na !

L’être, dilettante, aura été de soi chez moi qui, dès l’époque des culottes courtes, ne me sentais aucun atome crochu avec une vie pour de vrai; et c’est en toute logique qu’à mes débuts, griffonnant au brouillon des notes dont j’ignorais qu’elles seraient comme les ancêtres des Carnets, j’avais placé cela sous le titre : En dilettante. C’est un mot qui ménage la gravité non sans tenir en respect son excroissance, qui est de se prendre trop au sérieux – il y a des avant-gardes pour ça. Et c’est un mot qui réfute l’idée de carrière : la littérature est une dame avec qui on batifole et fait le fou, et non pas, selon le vocabulaire des va de l’avant et de la gueule, une «opportunité», dont trop se servent afin de rentabiliser une ambition. Que font les lecteurs ?

- Peut-être qu’ils achètent plus qu’ils ne lisent.

Ce que postillonnait Danton, de l’audace ! j’en eus à l’époque, en ce mois de juin 1988, car proposer à la publication ce genre d’écrits par lesquels d’habitude on finit, c’était bien saugrenu, une idée de jeunot qui n’a pas froid aux yeux. Corrigeons illico le crâneur : si je pouvais faire valoir de la verdeur, celle d’une plume benjamine, j’étais de la branche vocation tardive, la trentaine déjà étrennée.

J’espère que sans attendre cette mise en bouche vous donnera envie de passer, sinon à table, du moins chez votre libraire pour commander le livre (vous ne le trouverez pas sur les tablettes, c’est promis, d’aucun renault-bric-à-brac ou autre échoppe à la PKP).

Catégories : Blanchard · France · Littérature · carnets

Toute affaire cessante…

11 juillet 2007 · Laisser un commentaire

Allez écouter l’impériale Moreau, en direct du festival d’Avignon, dans le cadre de l’émission de Frédéric Mitterrand, Ça me dit, l’après-midi :

France Culture

Et mourir de plaisir… Un jour, peut-être, je partagerai un souvenir avec vous.

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Entre chien et loup

11 juillet 2007 · Laisser un commentaire


André BLANCHARD, Entre chien et loup, Le dilettante, Paris, 2007 (128 pages) édition augmentée, première édition parue en 1989.

Ayant perdu le temps que vous savez à lire ce que vous savez, ce qui m’a toutefois donné l’occasion d’un salvateur coup de tabac, je n’ai pas eu l’occasion de vous parler plus tôt de merveilleux livres d’un auteur que j’ai pris grand plaisir à découvrir en mai et juin.

Pour l’heure je vous laisse sur l’incipit, comme d’habitude, et vous reviens un peu plus tard :

Tout le monde ne peut pas s’appeler Marcel

On ne voit pas le temps passer, disent les gros bras de l’agitation; s’il en allait ainsi de l’écrivain, les muses le révoqueraient pour intelligence avec l’ennemi.
Et pourtant, c’était hier, il me semble, que j’expédiais cette première tournée de Carnets à un éditeur qui se montait en ménage, sans dot, qui hasardait petits tirages et petits volumes pour se faire les reins, et dont le nom fût allé au mioche comme réponse lorsqu’on l’enquiquinait avec ce qu’il voulait faire quand il serait grand :

- Dilettante, na !

L’être, dilettante, aura été de soi chez moi qui, dès l’époque des culottes courtes, ne me sentais aucun atome crochu avec une vie pour de vrai; et c’est en toute logique qu’à mes débuts, griffonnant au brouillon des notes dont j’ignorais qu’elles seraient comme les ancêtres des Carnets, j’avais placé cela sous le titre : En dilettante. C’est un mot qui ménage la gravité non sans tenir en respect son excroissance, qui est de se prendre trop au sérieux – il y a des avant-gardes pour ça. Et c’est un mot qui réfute l’idée de carrière : la littérature est une dame avec qui on batifole et fait le fou, et non pas, selon le vocabulaire des va de l’avant et de la gueule, une «opportunité», dont trop se servent afin de rentabiliser une ambition. Que font les lecteurs ?

- Peut-être qu’ils achètent plus qu’ils ne lisent.

Ce que postillonnait Danton, de l’audace ! j’en eus à l’époque, en ce mois de juin 1988, car proposer à la publication ce genre d’écrits par lesquels d’habitude on finit, c’était bien saugrenu, une idée de jeunot qui n’a pas froid aux yeux. Corrigeons illico le crâneur : si je pouvais faire valoir de la verdeur, celle d’une plume benjamine, j’étais de la branche vocation tardive, la trentaine déjà étrennée.

J’espère que sans attendre cette mise en bouche vous donnera envie de passer, sinon à table, du moins chez votre libraire pour commander le livre (vous ne le trouverez pas sur les tablettes, c’est promis, d’aucun renault-bric-à-brac ou autre échoppe à la PKP).

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Une petite distraction

11 juillet 2007 · Laisser un commentaire

Je ne résiste pas à la tentation de vous recommander le billet de Delfeil de Ton dans le Nouvel Obs de cette semaine. Le dernier, avec une pensée pour tous les « accomodants raisonnables » d’ici et d’ailleurs :

La foi qui sauve

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